L'indice de masse corporelle

calcul de l'IMC

L'indice de masse corporelle est le poids d'une personne en kilogrammes divisé par le carré de sa taille en mètres. Une personne de 70 kilos mesurant 1,75 mètre a ainsi un IMC de 70 divisé par 3,0625, soit environ 22,9.

Les catégories

Chez l'adulte, l'Organisation mondiale de la santé retient quatre grandes zones : insuffisance pondérale en dessous de 18,5 ; corpulence normale de 18,5 à 24,9 ; surpoids de 25 à 29,9 ; obésité à partir de 30, elle-même subdivisée en trois classes.

Ces seuils sont des repères de santé publique, établis à partir de données de population. Ils décrivent des risques statistiques moyens, et non l'état de santé d'un individu donné.

Ce que l'IMC mesure, et ne mesure pas

Il ne mesure pas la masse grasse. Il n'en donne qu'une estimation indirecte, avec une corrélation modérée. Il est en revanche assez bien corrélé, à l'échelle d'une population, à plusieurs résultats métaboliques et pathologiques, ce qui explique son usage épidémiologique.

Ses limites sont connues et documentées. Il ne distingue pas le muscle de la graisse : une personne très musclée peut se retrouver classée en surpoids sans excès de masse grasse. Il ne dit rien de la répartition : à IMC égal, une graisse abdominale est associée à un risque cardiovasculaire nettement supérieur à une graisse répartie sur les hanches et les cuisses.

Il varie aussi selon l'âge, le sexe et l'origine ethnique : les seuils de risque sont plus bas dans certaines populations asiatiques, ce que l'Organisation mondiale de la santé reconnaît explicitement.

Enfin, il ne s'applique pas tel quel à l'enfant et à l'adolescent, pour lesquels on utilise des courbes de corpulence rapportées à l'âge et au sexe, ni à la femme enceinte, ni aux personnes âgées, chez qui un IMC un peu supérieur est associé à un meilleur pronostic.

Les mesures qui complètent utilement

Le tour de taille, mesuré à mi-distance entre la dernière côte et la crête iliaque, en fin d'expiration. Il renseigne sur la graisse abdominale, et les seuils d'alerte usuels se situent autour de 80 centimètres chez la femme et 94 chez l'homme, avec des seuils de risque accru plus élevés.

Le rapport entre le tour de taille et la taille : le maintenir en dessous de la moitié de sa taille est un repère simple, applicable à tous, et qui donne souvent une meilleure indication que l'IMC seul.

Et l'évolution dans le temps : une variation de plusieurs kilos en quelques mois, dans un sens ou dans l'autre, est une information plus utile qu'une valeur isolée.

Ce qu'il faut en faire

L'IMC est un point de départ de conversation avec un professionnel de santé, pas un verdict. Un chiffre hors des zones de référence justifie un avis médical ; il ne justifie ni un régime improvisé, ni une inquiétude disproportionnée.

Les recommandations de santé publique portent d'ailleurs davantage sur les comportements que sur le chiffre : une activité physique régulière, une alimentation variée, un sommeil suffisant. Ces facteurs améliorent les marqueurs de santé même en l'absence de variation du poids, c'est l'un des résultats les mieux établis de la littérature récente.

Un mot de prudence

Le poids est un sujet sensible. Une préoccupation envahissante à son égard, un contrôle alimentaire rigide, des variations importantes ou une souffrance liée à l'image du corps méritent d'être évoqués avec un médecin traitant, qui saura orienter. C'est un motif de consultation banal et légitime, et en parler est le geste le plus utile.

Pour aller plus loin

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